Vendredi 3 Septembre 2010

Saint-Privat d'Allier le premier pas sur un chemin de pèlerinage

Le témoignage de Jean-Michel - un an déjà et l'envie de repartir

Merci à toi Jean-Michel de ce témoignage



Non le Chemin ne perd pas son âme ...!

La tablée du 4 septembre 2006
La tablée du 4 septembre 2006
Il y a un an aujourd’hui …

Cette nuit nous avons couché au Puy. A l’hôtel. Hier soir on s’est offert un resto fabuleux : nous étions si heureux d’avoir déjà parcouru, à pied, les 220 kilomètres qui séparent le Puy de notre maison !

Ce matin nous avons acheté des « Compeed » : ampoules obligent. Puis cherché le chemin de Saint Jacques. Un retraité de la région s’est spontanément joint à nous et nous a proposé de faire un bout de chemin (c’est le cas de le dire) avec nous. Du coup nous manquons cet endroit, à la sortie du Puy, où est tournée la bagarre entre frère et sœur de l’excellent film « Saint-Jacques La Mecque ». Mais très vite il nous sort du sentier le plus suivi, nous explique la guéguerre du fléchage qui précipite les pèlerins dans certains gîtes au détriment d’autres. Il nous quitte vers midi non sans nous avoir donné un repère précis : un losange vert tendre au milieu de la forêt vert sombre. Nous suivons ses conseils et le losange vert se rapproche. Après les gelées matinales des jours précédents (30 et 31 août en Haute-Loire) le temps s’est réchauffé et nous manquons d’eau. Nous en trouvons dans un hameau de grès rouge, Superbe. Peu après nous passons juste en dessous du losange vert (il s’agit en fait d’une culture entourée de forêt) et le chemin est maintenant bien balisé. Puis nous rejoignons le chemin « officiel ». Une petite pause. Une dame arrive exténuée. Elle a trouvé la côte très dure. Nous, la côte, nous ne l’avons même pas vue : il est vrai que nous marchons depuis dix jours …

De là nous descendons lentement vers Saint Privat d’Allier. Le beau temps a définitivement pris le dessus et les paysages sont magnifiques en cette fin de saison et de journée.

C’est dans le gîte de Jean-Marc et Marie que nous décidons de passer la nuit. Jusqu’à présent nous n’avons connu que chambres d’hôte (parfois luxueuses) ou hôtels (parfois minables). Nous découvrons le dortoir. Comment ne pas repenser à l’Armée (un an) ou à l’internat (neuf ans) ? A soixante ans, quel retour aux sources ! Mais nous sommes accueillis comme des princes et évidemment ça change tout. Avant le repas, prière. Je ne suis pas trop à l’aise, moi, l’ex enfant de chœur devenu résolument gauchiste, chiracophobe et sarkophage ! Mais je suis plus à l’aise quand l’apéro succède à la prière …

Tout le monde se couche tôt. Trop tôt. Beaucoup trop tôt pour moi qui dors rarement avant une ou deux heures du matin. Et puis Marie et moi avons repéré un monsieur, dans nos âges, un peu fort, et nous sommes sûrs et certains qu’il va ronfler copieusement.

On ne le saura jamais vu que nous passons une très bonne nuit. Oh bien sûr, je ne me suis pas endormi tout de suite car notre hôte nous a prévenu : demain c’est l’étape la plus dure du Chemin ! Une descente dantesque (Rochegude), Avec des accidents graves tous les ans. Et suivie d’une montée infernale. Avec des mains courantes tellement ça monte ! En ayant une certaine expérience alpine je ne me laisse pas trop impressionner par le Massif Central, Mais quand même …

On ne le sait pas encore mais le Chemin, nous le terminerons. Le premier novembre nous arriverons à Santiago. Nous connaîtrons des difficultés comme douze jours consécutifs de pluie dans la Meseta, Et des joies incroyables : Marie, même pas un mètre cinquante, mais toujours dans mes pas, sans jamais se plaindre ni faiblir. Des lieux sublimes avec des ciels et des nuages d’une beauté de fin du monde. Et d’autres très moches : au moins dix mille kilomètres de champs de tournesols dont il ne reste que la tige noire, Ou un orage de grêle , glacé, au bord d’un canal dans lequel les rafales de vent semblaient bien décidées à nous précipiter ( juste avant Fromista) . La borne 99 : après le chiffre des milliers (1750 au départ) celui des centaines avait lui aussi disparu, Et le beau temps retrouvé en Galice, une sorte de Bretagne mais avec de la montagne. Et Roncesvalles. Et l’accueil de Hermano Valentin à Arre (notre première étape de quarante kilomètres). Et les vins de la Rioja. Et tous ces Espagnols souriants et chaleureux que l’on croise : « ¡ ola ! buenos días, Buen Camino ! ». Et la cathédrale de Burgos ! Et O Cebreiro ! Et l’encensoir de Santiago … Des noms, des lieux, des gens qui chantent de plus en plus fort dans ma mémoire ou plutôt dans mon cœur…

Un an, il y a un déjà

Jeudi 6 Septembre 2007
Jean-Marc LUCIEN
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Besoins de vous tous

La Randoline, pour les pèlerins à mobilité réduite

Le chemin de Saint Jacques devient accessible aux personnes à mobilité réduite grâce à la Randoline. Explications et découverte...

Les origines de l'idée :

La Randoline, pour les pèlerins à mobilité réduite
Depuis plusieurs années, l'idée de réunir sur les chemins des ânes et des personnes ne pouvant pas ou plus marcher était dans l'air...
Elle a germé au sein de la FNAR (Fédération Nationale des Ânes de Randonnée) où quelques âniers professionnels réfléchissaient au moyen de permettre à ces personnes de partir ainsi en promenade
ou en randonnée pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines sur les chemins de France et de Navarre...
Puis un jour de l'été 2005, l'équipe Randoline a rencontré sur le chemin de Saint Jacques, en Galice, un pèlerin Allemand qui se rendait à Compostelle. N'ayant plus l'usage de ses jambes, il se déplaçait dans une sorte de fauteuil à trois roues muni d'un pédalier manuel. Ce véhicule ressemblait aux fauteuils mis à la disposition des mutilés à la fin de la dernière guerre. Hélas il empruntait seulement le réseau routier  car son véhicule n'était pas adapté aux chemins.








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